lundi 13 juillet 2009

Bilan : Harper's Island



Lors de mon premier post sur Harper's Island, j'étais plutôt enthousiaste. Aimant à priori les slashers, je me réjouissais de voir ce que ça pouvait donner d'appliquer ce genre à un format de série. Autant le dire tout de suite, ce n'est pas une réussite. Aujourd'hui je suis plus mitigée. En fait si on la prend au premier degré, c'est clairement une série ratée, digne d'un téléfilm diffusé l'après-midi sur M6 (en particulier les six premiers épisodes où, il faut bien le reconnaître, il ne se passe pas grand chose). Les acteurs jouent mal, c'est cliché, c'est lent, c'est mou, c'est du réchauffé.
La série avait été annoncée comme une histoire à la d'Agatha Christie, et là, c'est certain, on est loin du compte. Mais même là où un slasher peut créer un sentiment d'angoisse, ici rien, « même pas peur »... Par contre, malgré des longueurs, la série se regarde très bien au dixième degré dans un guilty pleasure mode foutage de gueule on.

ATTENTION A CEUX QUI VOUDRAIENT DECOUVRIR PAR EUX-MÊMES L'INTRIGUE ET LA FIN, JE COMMENCE LES SPOILERS.
Vous êtes prévenus.

A partir du moment où on regarde la série comme une comédie, c'est très drôle. Bon ok, ce n'est pas forcément le but recherché, mais bon. Quoique, je me suis souvent demandée si ce grand n'importe quoi n'était pas finalement fait exprès. Franchement, peut-on vraiment croire 30 secondes qu'Harper's Island peut être la sensation frisson de l'été qui va nous tenir en haleine pendant 12 semaines ? Peut-on être sérieux en choisissant un cast aussi mauvais et en réunissant tous les clichés possibles des slashers ? Je préfère croire à une blague, franchement.
Les six premiers épisodes sont d'une lenteur effroyable. C'est bien simple on a droit 2 morts pour l'épisode 1, 3 pour l'épisode 2, je ne crois pas me souvenir qu'il y en ait eu un à l'épisode 3 (ou alors juste à la fin, genre oups on a oublié de mettre un mort, on en caser un vite fait) et dans l'épisode 4, j'ai même eu très peur puisque le seul mort de l'épisode se tue tout seul très connement en se tirant dans l'artère fémorale. Bon ben s'ils n'ont plus besoins du tueur pour se faire tuer... Mais le pire, c'est que toutes ces disparitions n'inquiètent absolument personne. On se dit qu'ils vont bien finir par s'en rendre compte tout de même, ça commence à faire du monde, et puis personnellement si les gens commençaient à manquer à l'appel pour mon mariage, je crois qu'au minimum je serais terriblement vexée... Mais non, les mariés s'en foutent (enfin la mariée devrais-je dire vu que le marié sait très bien ce qui se passe...), c'est pas grave ! Il faut attendre la fin du cinquième épisode et que 6 personnes assistent à la mort du père de la mariée pour qu'enfin ils réalisent qu'il se passe quelque chose sur cette île (et nous aussi par la même occasion parce qu'à ce stade, on commençait vraiment à se faire chier comme des rats morts...). Alors là ça commence à bouger, mais il y aura toujours des longueurs jusqu'à la fin, ce qui prouve bien que le slasher sort mal de son cadre d'1h30.
Une chose m'a particulièrement déçue dans le scénario, c'est le retour de Wakefield. C'est le type qui avait commis des meurtres sur l'île sept ans auparavant mais qui était censé être mort. Sauf qu'en fait non. Alors là, comme à l'épisode 4, j'ai eu un peu peur parce qu'on nous avait quand même vendu un suspens avec l'un des invités au mariage comme étant le tueur, donc nous ressortir Wakefield, c'était 1) cliché (comme à peu près tout dans Harper's) 2) de la publicité mensongère (qui avait déjà été le cas quand ils nous avaient vendu ça comme un ersatz d'Agatha Christie). En fait, il ne faut pas plus d'un épisode pour nous faire le coup du complice, je retrouvais donc l'espoir d'avoir deviné depuis le pilote de qui il s'agissait et je ne m'étais d'ailleurs pas trompée ce qui est dans un premier temps très gratifiant (aha, je suis trop forte !), puis très décevant (en fait, la série n'aura même pas réussi à me surprendre une seule fois...).
Harper's Island a même eu droit à SA scène émouvante, la mort du couple d'abord très énervant puis devenu attachant au fil des épisodes (le culot du personnage de Chloe n'y étant pas pour rien) : Cal et Chloe, dans une mort très Roméo et Juliette genre « Oh mon Dieu Cal, non, je ne peux pas vivre sans toi alors je vais me suicider... », le tout sur une chanson mélo à faire pleurer les jeunes filles en fleur (et là je m'étais trompée parce que je pensais vraiment qu'ils allaient mourir très vite, il faudra tout de même attendre l'épisode 11).
Le tueur, pour finir. Si Harper's Island avait été une série audacieuse, ça aurait pu être Abby l'héroïne (après tout pourquoi pas, en jouant sur le point de vue, on ne nous montre que ce qu'on veut bien nous montrer, c'était tout à fait possible, surtout si elle avait Wakefield comme complice pour tout ce qui nécessitait une certaine force physique) ou alors carrément la gosse insupportable et complètement creepy (dans un grand délire, d'ailleurs puisqu'on parle d'Agatha Christie, l'un de ses livres a pour meurtrier en série une enfant de sept ans, ça m'avait semblé tellement énorme que pendant toute la lecture du livre je ne voulais pas y croire et puis si, j'ai bien dû m'y résoudre à la fin...). Mais bon, comme la série reprend tous les clichés, c'est bien évidemment Henry « Mr Nice Guy » Dunn (A plusieurs reprises dans le dernier épisode, Henry déclare « I'm done » avec son accent ça fait « I'm dun ». Oui c'est con, mais ça m'a beaucoup fait rire) le tueur. Pourquoi ? Oh parce qu'il est le fils caché de Wakefield et de la mère d'Abby et qu'il voulait être tout seul sur l'île avec Abby pour vivre heureux et avoir beaucoup d'enfants (je rappelle au cas où vous auriez lu un peu vite qu'Abby est donc sa demi-soeur). Mais plutôt que de ne rien dire à Abby sur leur filiation et la draguer pour filer le parfait amour (parce que franchement au début de la série, on voyait bien qu'il y avait un peu baleine sous gravier entre ces deux-là), bah non, il a préféré organiser un faux mariage pour tuer tout le monde sur l'île et garder Abby en otage. Oui. Bon. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? A ce propos, le dernier quart d'heure (j'allais écrire la dernière demi-heure tellement ça m'avait semblé long mais en fait, non c'est bien le dernier quart d'heure) est particulièrement long et chiant et on aurait vraiment pu s'en passer ou le raccourcir pour qu'il fasse 2 minutes. Ça casse totalement le rythme de la dernière ligne droite meurtrière, tout ça pour entendre une (trop) longue explication d'Henry sur ses motivations.
La toute fin avec le film des invités (morts depuis) qui souhaitent beaucoup de bonheur aux mariés est par contre une bonne manière de conclure, même si là aussi c'est du déjà vu.
Mais une question reste tout de même en suspens. Que va devenir le micro chien de la fille qui se fait tuer dans le deuxième épisode ? Il semble être toujours en train de errer seul dans la forêt, on l'a revu une fois, il n'avait déjà plus son brushing (comme tout micro chien de Paris Hilton qui se respecte) et était tout mouillé et couvert de boue, on aurait dit un chien des rues... Mais depuis, plus aucune nouvelle... Une chose est sûre, Henry ne l'a pas tué, alors qu'est-il devenu ? Cela donnera-t-il les bases pour un Harper's Island 2 : à la recherche du micro-chien ? Rendez-vous au prochain épisode...

5 commentaires:

adam a dit…

Je suis en train de réaliser que ton (excellent !) bilan aurait pu me suffire pour le moment Harpers Island de l'année. D'accord avec toi sur à peu près tout (... si je n'ai pas pleuré pour la mort de Roméo & Juliet, c'est parce que je me le devais en tant qu'entité masculine, j'avoue cependant avoir été charmé, traite moi de fille fleur bleue, vas-y !) : son allure cliché permanente, son incohérence (en tant que futur époux, je me serais aussi vexé de voir ma liste d'invités s'amenuiser, surtout sur une île perdue), son parcours mortuaire classique (mais comme toi, j'ai trouvé surprenante la longétivité de Cal et Bidule) et cette FIN. Qui est à l'image de la série finalement. Bavarde, avec très peu d'action, uber-trop-supra-prévisible, très précipitée (Trish et les quelques derniers ont passé l'arme à gauche plus vite que les premiers personnages inintéressants) et aussi angoissante qu'un épisode d'Ugly Betty (avec Henry !).

Seriement :)

freescully a dit…

Ravie que ma prose te plaise ;-)
Entièrement d'accord avec ta comparaison avec Ugly Betty pour la fin, mais à ce propos, crois-tu que Christopher Gorham soit désormais condamné à jouer des types qui s'appellent Henry ? ^_^ (question subsidiaire : quelqu'un voudra-t-il encore l'embaucher pour jouer un rôle, que le type s'appelle Henry ou non?)

ladyteruki a dit…

Embaucher Gorham est déjà un indice du peu de foi qu'on a dans sa fiction. Ce mec, c'est le chat noir de la télévision.

adam a dit…

Je pense qu'on n'embauche pas Gorham, on se voit contraint de le recruter parce qu'on est né avec une malediction professionnelle ou parce qu'on a peu confiance en soi, qu'on a trois doigts de pied et qu'on accepte ce qu'exige la femme du Studio, qui ,elle, aimait bien le comptable à lunettes fricotant avec la Moche, surtout lorsqu'il causait pas.

Le prochain Henry qui lui est réservé est le petit rôle, flashbacks adolescents, d'une biopic consacré à Dès (ma vanne est naze et pourtant, mes doigts me forcent à l'écrire)

annie.verdon a dit…

triple lol.... vraiment je me suis bien marrée avec ce résumé que, avoir su, j'aurais lu avant de me taper les 13 épisodes (guilty pleasure, avez-vous dit?....). Peut-être aurais-je moins souffert...
Par ailleurs, peut-être le cliché d'avoir 13 épisodes a-t-il contribué à ce massacre tout en longueur... Vraiment, trop, c'est trop!