mardi 17 novembre 2009

Mettre de l'eau dans son bon vin

Quand je fais le bilan de cette rentrée 2009, je me rends compte que finalement pas grand chose de bon n'en est sorti. Vous avez pu le lire sur ce blog, j'ai été critique sur les trois-quart des pilotes de cette rentrée et pour les séries avec lesquelles j'ai décidé de faire un petit bout de chemin, je m'interroge sur la pertinence de certaines dans leur format (je pense en particulier à V et Flash Forward). En effet, j'étais parmi les plus enthousiastes à la vue du pilote de Flash Forward, mais il faut bien dire qu'aujourd'hui, je n'ai plus le même avis. Le problème n'est pas vraiment l'histoire en elle-même mais l'étirement de celle-ci qui finit par devenir d'un ennui mortel parce que plus rien ne s'y passe. Et si finalement le problème était le format « saison(s) de 24 épisodes » ?
L'avantage d'une saison de 24 épisodes (en mode diffusion américaine), c'est qu'elle dure toute l'année (année de diffusion j'entends, allant de septembre/octobre à mai avec des pauses). Le problème c'est qu'il faut faire preuve d'une productivité et d'une créativité folle pour produire 24 épisodes sur une saison sans tomber dans l'ennui (sans compter la frilosité des chaîne lorsqu'il s'agit de faire preuve d'audace ou d'ambition). Pour certains types de série, ce format fonctionne très bien. Toutes les séries fonctionnant sur un format d'épisodes « stand alone » s'accommodent très bien de 24 épisodes par saison, je pense en particulier aux séries de CBS policières. Les séries à vocation soapesques comme Desperate Housewives ou Grey's Anatomy aussi. Après tout, elles ne sont que des ersatz améliorés des soaps quotidiens : des histoires souvent abracadabrantes entre un petit groupe de personnages dans un lieu restreint.
Mais lorsqu'il s'agit d'une histoire particulière qui tente de raconter quelque chose et qui n'a à priori pas de vocation soapesque, le format « saison(s) de 24 épisodes » n'est selon moi pas adapté du tout.
Le concept est souvent prometteur, intéressant, mais la série s'enlise dans des histoires secondaires (j'ai presque envie d'ajouter soapesques) inutiles au propos et qui ne sont là que pour étirer la série parce que la chaîne a commandé plus d'épisodes. Lost en est un exemple flagrant, si la série avait été une mini-série de 13 épisodes au lieu d'une série de 6 saisons de 24 épisodes (et un peu moins pour les dernières), elle aurait sûrement un plus bel aura qu'aujourd'hui et elle aurait été bien meilleure. J'y reviendrai cette semaine mais après le visionnage du pilote du Prisonnier version 2009 hier, je n'aurais probablement pas été plus loin s'il avait été question d'une série de 24 épisodes à prolonger sur plusieurs saisons. La série étant une mini-série de 6 épisodes, je vais aller jusqu'au bout en me disant que la suite est peut-être plus poussée, qu'ils ont peut-être des choses à dire (même si ce n'est pas parti pour être le cas > à ce sujet, j'en reparlerai cette semaine concernant le Prisonier mais je vous renvoie à l'article de lady sur V). Par contre, V se met en pause la semaine prochaine et quand ABC va m'asséner de promos en mars 2010 pour me dire « hey, freescully, ça y est l'hiver est fini, les JO sont passés, on a plus peur de faire un bide d'audience avec nos séries inédites, regarde, on a remis V à l'antenne ! », ben c'est pas sûr que j'y revienne. En tout cas, depuis l'épisode 2, ils font tout pour que je ne revienne pas. Et concernant Flash Forward, j'ai de plus en plus envie de lire le livre dont la série est tirée pour savoir le pourquoi du comment du Flash Forward plutôt que de continuer à m'infliger les apitoiements des personnages de la série sur leur sort.
Et le problème des séries dont le concept n'est pas fait pour durer mais qui, à la demande des networks, doivent s'étirer en longueur n'est pas nouveau, j'ai pu le constater la semaine dernière avec le visionnage de l'intégrale du Prisonnier (version originale de 1967 dont je reparlerai aussi cette semaine), série initialement conçue pour 7 épisodes mais qui a dû meubler 10 épisodes de plus à la demande de CBS pour une diffusion aux États-Unis. Et franchement dans le lot des 10 épisodes pour meubler, on sent vraiment le meublage massif pour certains...
Sans compter qu'il suffit d'un rapide tour d'horizon de la télévision américaine pour se rendre compte que les meilleures séries sont diffusées sur le câble sont dans des formats de 13 épisodes par saison.
Alors au final quel intérêt? Ne vaut-il pas mieux miser sur des mini-séries ambitieuses, qui non seulement rehausserait l'image de la chaîne qui les commande, mais en plus permettrait de doper ponctuellement les audiences dans une programmation événementielle ? (ça c'est pour faire l'avocat du diable) Et puis au niveau de la qualité, ne vaut-il mieux pas se concentrer sur l'essentiel, le développer dans une bonne mesure et dans des limites précises (si on sait combien de temps exactement on a pour développer quelque chose, on ne se perd pas dans des détails inutiles) quitte à (oh, est-ce que j'ose ?) stimuler l'imagination du spectateur en laissant des zones d'ombres que chacun est libre d'interpréter comme il souhaite ?
Non, allez freescully, arrête de rêver, la télé, c'est bon qu'à vendre du temps de cerveau disponible pour les pubs. Mais bon, parfois, je me dis que diluer un bon cru avec de l'eau, c'est quand même dommage, surtout quand c'est pour vendre du coca.

jeudi 1 octobre 2009

Pilote : Hank



Petit rappel des faits : Hank se fait renvoyer de son job de dirigeant d'entreprise et part habiter à la campagne avec sa famille.

La saison dernière, ABC nous avait déjà infligé Surviving Suburbia, mais visiblement, la comédie familiale en dehors du centre-ville, ça leur tient à coeur, et nous revoilà donc parti pour quelques épisodes (oui parce que bon, le public n'a pas toujours bon goût mais là quand même... je sens l'annulation venir vite, très vite) de Hank. Alors c'est simple, Hank, c'est la même série que Surviving Suburbia : on prend une ancienne gloire de la télé (Bob Sagett/Kelsey Grammer), on l'affuble d'une femme qui a facilement 10 ans de moins que lui (parce que bon, faudrait pas non plus qu'il se sente vieux et has-been), des enfants (plus ils sont jeunes mieux c'est), et on le colle en banlieue pour l'un, à la campagne pour l'autre. Et évidemment l'un comme l'autre s'ennuient comme des rats morts dans leur maison et avec leur famille, et ça tombe bien, nous aussi !
Les dialogues sont éculés, tout comme les situations, si bien que je n'ai même pas accroché un sourire, tellement tout était prévisible et surjoué. À la limite, heureusement qu'il y a les rires enregistrés, comme ça on sait à quel moment on est censé rire.
Ah juste une chose, c'est moi ou l'immeuble devant lequelle se déroule la première scène ressemble étrangement à celui de Samantha Who ? C'est la crise, on recycle...

Verdict ? La critique est courte, je vous l'accorde mais à quoi ça sert de se déchaîner sur une série qui n'en vaut pas la peine? Non, vraiment, ce genre de comédies familiales multi-caméras, je crois qu'il faut prévenir ABC que tout a déjà tout fait dans ce domaine il y a longtemps, mieux vaut innover...

mardi 29 septembre 2009

Pilote : Trauma



Petit rappel des faits : À San Francisco, le quotidien de la brigade de secouristes spécialisée dans les cas exceptionnels (comprendre spectaculaire avec des trucs qui explosent partout).

Bon. Les urgentistes, c'est fait. Les chirurgiens, c'est fait. Les médecins privés pour riches, c'est fait. Les infirmière, c'est fait. Il ne nous manquait plus que les secouristes (Third Watch est déjà loin, on a oublié). C'est désormais chose faite avec Trauma, autre nouveauté médicale de NBC.
On va commencer par le point positif, comme ça c'est fait. La réalisation est très bien. Les deux scènes d'accident sont bien faites, rien à dire, ça explose, ça fait des carambolages, ça crie, ça fait boum, tout ça est très efficace.
Le problème, c'est que ça ne suffit pas à faire une bonne série. Et qu'à part les deux scènes d'accident, il n'y a rien à sauver dans Trauma (oui je sais c'était facile, mais bon faut pas m'en vouloir, je suis malade, je me suis levée exprès pour vous faire la critique de Trauma). Le scénario, enfin quel scénario en même temps, on voit juste des secouristes qui vont sauver des gens mais après... D'ailleurs c'est bien simple j'ai cru que c'était la fin de l'épisode quand les secouristes s'en vont du lieu du deuxième accident. Et c'est en vérifiant que je me suis rendue compte qu'en fait, il restait encore un (long) quart d'heure, pendant lequel on a eu droit à un semblant d'introspection des personnages. Franchement, on aurait pu s'en passer, les personnages n'étant que de grossiers stéréotypes : le mec insupportable qui se croit plus fort que tout le monde, la blonde que tout le monde veut se faire mais qui pleure toujours son ancien mec, le garçon manqué qui fait trop sa kaï-ra, et le mec qui trompe sa femme parce que « oui, tu comprends, je peux pas lui parler du boulot, c'est trop dur, avec un coup d'un soir c'est plus facile »... Oui ou sinon il y a le psy ou ses amis, hein ? Enfin bref, à la limite, ça aurait été plus intéressant si on se concentrait uniquement sur les scènes de sauvetage, en mettant le paquet sur l'action et la tension. Parce que du coup, même si on trouve que franchement, envoyer deux ambulances et un hélicoptère juste pour un mec qui s'est électrocuté, ça fait beaucoup (ou alors la ville de San Francisco a subitement trouver des fonds pour pouvoir envoyer l'armée quand votre chat se fait la malle), on oublie ces détails quand vient l'accident. Par contre, la fin de l'épisode soporifique sur les personnages stéréotypés... Oui ils ont vécu un « trauma » au début de l'épisode, mais le problème c'est qu'ils ne sont pas assez appréciables pour qu'on les plaigne et du coup, ça ne prend pas.

Verdict ? Puisqu'on est dans les mauvais jeux de mots, un critique de télé américain disait ce matin à propos de la série « spare the trauma » et je vous invite à faire de même, rien de neuf ni d'intéressant à voir chez les secouristes de San Francisco.

Par contre, si vous voulez, on peut jouer à un petit jeu pendant que vous ne regarderez pas Trauma. Quelle sera la prochaine branche du corps médical à faire l'objet d'une série ? Je propose les dentistes, tiens, ça n'a pas été fait à ce que je sache... Bon alors, les networks, qui en veut de ma série sur les dentistes ? :P

vendredi 25 septembre 2009

Pilote : Flash Forward



Petit rappel des faits : Pendant 2 minutes et 17 secondes, le monde entier semble avoir été victime d'un black-out total. Mais pendant cette période d'inconscience, chaque être humain aurait en fait vu son avenir dans 6 mois. Quelles conséquences et surtout quelles causes à ce flash-forward ?

Flash Forward était sans aucun doute la nouveauté que j'attendais le plus en cette rentrée (comme beaucoup, j'imagine) et c'est donc un peu anxieuse que j'ai lancé le pilote, toujours peur d'être déçue dans ces cas-là.
En fait, pour tout vous dire je n'ai pas vu passer les 43 minutes du pilote. Il faut dire qu'on est tout de suite mis dans le bain, on commence au milieu du gigantesque accident qu'on a tous aperçu dans les trailers, au moment du réveil après le black-out. Pour ensuite reveir en arrière pour une présentation plus classique des personnages. La série emprunte énormément au cinéma et aux films catastrophe, et il faut bien reconnaître que la poursuite en voiture, puis le chaos au moment du réveil, sont plutôt impressionants. À remarquer : voir un engin volant se crasher dans une tour à la télévision américaine, ça n'est pas anodin et c'est plutôt osé sur un network (même si le petit hélicoptère en soi n'est pas très impressionnant et que la tour ne s'effondre pas, tout est dans le symbole).
Ensuite l'enquête se met en place, les agents du FBI (on est pour l'instant beaucoup centré sur eux, les personnages secondaires permettront sans doute par la suite d'amener d'autres intrigues parallèles) découvrent rapidement qu'il ne s'agissait pas d'une simple perte de conscience et que chacun a vu quelque chose. Il est ensuite vite établi que ce quelque chose est l'avenir et la question qui en découle et qui servira de cliffhanger à ce pilote est qui est derrière tout ça ? On se dirige là évidemment vers une théorie du complot, mais pour ceux qui comme moi adorent ce genre d'intrigues, c'est très prenant.
On peut reprocher à l'histoire de ne pas avoir une dimension plus internationale (je ne sais pas à quel point la série est fidèle au livre dont elle s'inspire, ne l'ayant pas lu je n'en parlerai pas), la population mondiale semble avoir été victime de ce flash-forward et l'enquête est menée par le FBI qui n'a aucune vocation internationale (ça, c'est plutôt le rôle de la CIA), et à part une apparition éclair d'Alex Kingston pour dire qu'en Angleterre aussi, ils avaient été victime de ce black-out (et une tour Eiffel sur la chaîne info que regardent les personnages), il n'est aucunement fait mention de ressources mondiales sur cet événement. Mais bon, passons, après tout c'est une série américaine, destinée à un public américain et ce n'est pas fait pour être réaliste non plus.
Au final, si certains personnages semblent plutôt contents de ce qu'ils ont vu dans leur avenir, la plupart de ceux qu'on a vus jusqu'à présent et le héros en particulier sont plutôt troublés et vont chercher à éviter ce qu'ils ont vus en esayant de changer l'avenir. C'est la troisième question qui ressort de ce pilote : les visions des personnages (en partant du fait qu'il s'agisse effectivement de leur avenir) sont-elles inévitables ou peuvent-ils changer leur destin ? Les éléments disséminés dans ce pilote tendent à dire que non, en tout cas pas pour l'instant.

Pour terminer, une petite chose qui m'a fait beaucoup rire, c'est le pragmatisme de ABC, qui, au cas où on aurait oublié que la saison 6 de Desperate Housewives commence dimanche soir sur la chaîne, ils ont glissé ça au détours d'une scène :

Comme si le logo en bas à droite ne suffisait pas...


Verdict ? Quand on crie « nooooooooooon, la suiiiiiiiiiiiiiiiiiiiite » à la fin d'un pilote, je crois que c'est bon signe, non ? En toute objectivité, je pense que si vous êtes allergiques aux films catastrophe grand public, vous pouvez passer votre chemin. Maintenant, si vous aimez les divertissements popcorn avec un soupçon de mystère, jetez un œil à Flash Forward, le pilote m'a convaincue, je serai là la semaine prochaine.