…ça donne My Own Worst Enemy, série d’espionnage avec Christian Slater. Reprenant le principe de Dr Jekyll et Mr Hyde, la série voit évoluer Edward, un espion participant à un programme spécial consistant à lui créer une personnalité (Henri) qui ne connait rien de sa vie d’espion et mène une vie normale, et que ses supérieurs peuvent déclencher quand ils n’ont plus besoin d’Edward pour une mission. Quel est l’intérêt, me direz-vous, est-il tellement bête qu’il ne peut pas mener consciemment une double vie comme tous les espions ? Apparemment. Alors bien sûr, quand Henri se réveille alors qu’on ne lui demande rien en pleine mission d’espionnage, ça fait tâche. Henri découvre donc l’existence de son double (et qu’en fait le double, c’est lui) et doit donc parfois échanger sa vie avec celle d’Edward et inversement en attendant que le problème soit réparé. Et c’est bien son problème à Henri. Lui ne veut que vivre une vie normale (et faire l’amour à sa femme, qui a l’air de plus s’éclater avec Edward :) ). Vous êtes perdus ? C’est normal on s’y perd un peu, surtout quand Henri se met à imiter Edward.
La série a malgré tout de grandes qualités, à commencer par un cast impeccable, Christian Slater et Mike O’Malley dans des rôles schizophrènes s’en sortent très bien. L’air autoritaire et les yeux exorbités d’Alfrey Woodward sont ici plus à leur place que dans Desperate Housewives et James Cromwell, ben c’est James Cromwell, c’est une valeur sûre. L’idée de la double personnalité est une bonne idée de départ et donne lieu à des situations très drôles quand Henri découvre ce qu’a fait Edward pendant son absence (et vice versa). Les conversations par enregistrements interposés entre les deux personnalités sont parfois aussi très comiques. Malheureusement, le plus grand défaut de la série est qu’on s’y perd un peu. Généralement, quand on a affaire à un personnage et à son double, les deux ont une apparence physique différente, ce qui permet de bien les reconnaître. Ici, que nenni. Les deux sont strictement les mêmes, ce qui renforce l’effet schizophrène de la chose. Et même si on peut sentir un léger changement de ton selon la personnalité, comme ils doivent l’un et l’autre faire semblant d’être l’autre (vous suivez toujours ?), tout cela est parfois très confus.
Il y a aussi autre chose, de totalement subjectif. La série est agréable à regarder, on ne s’ennuie pas (c’est un peu comme un James Bond, il vaut mieux ne pas se distraire 5 minutes sinon, on a du mal à suivre après…) mais il manque quelque chose. Je ne sais pas quoi, mais il me manque ce petit truc qui va faire que j’ai envie de revenir.
De toute façon, le jour où je décide de découvrir cette série est aussi le jour où NBC a décidé d’y mettre fin, la formule n’a donc pas fonctionné, nous ne saurons donc jamais si Edward et Henri seront « réparés » ou s’ils devront être « achevés », comme la série.
jeudi 13 novembre 2008
mercredi 12 novembre 2008
In the criminal justice system...
Pour qui suit l’actualité américaine, il est toujours intéressant de voir à quel point la franchise Law & Order peut être réactive sur son traitement des faits divers. Lors de la diffusion française qui arrive toujours un à deux ans après la diffusion américaine, ces faits divers qui n’ont pas forcément tous faits les gros titres chez nous ne sont plus qu’un lointain souvenir et les épisodes traitant de ces sujets ne sont alors pas bien différents des autres. Mais les scénaristes américains font souvent écho de l’actualité dans les séries et en particulier dans Law & Order, SVU et CI. Dans les autres séries, cela se matérialise généralement sous la forme d'une référence au cours d’un dialogue que l’on s’assurera bien de supprimer lors du doublage français.
Mais dans le cas des séries Law & Order, l’épisode entier se basant sur le fait divers en question, il est intéressant de voir le traitement qu’il en est fait. Évidemment cette vision de l’évènement est toute subjective car il s’agit ici de fiction qui, même inspirée du réel, ne décrit pas les faits et gestes des protagonistes de manière réelle, et qui parfois donne même une résolution de l’affaire qui n’a pas forcément été résolue dans la réalité mais le fait divers de base permet, comme toujours dans les séries Law & Order, de soulever un début de questionnement sur la société dans laquelle nous vivons (même s’il s’agit évidemment de la société américaine, certaines questions trouvent un résonnement ici, et certaines questions sont d’ailleurs simplement liées à la nature humaine).
Ce que je trouve impressionnant c’est la rapidité du traitement. Dernier exemple en date, l’épisode 6 de la saison 10 de SVU qui vient d’être diffusé aux États-Unis reprend à peine quatre mois après les faits, le fait divers sur le pacte de grossesses simultanées conclu par des lycéennes. L’affaire est immédiatement identifiée et permet de trouver une accroche rapide et de se concentrer sur les questions juridiques et sociétales posées. Je trouve dommage que les séries françaises (qui sont d’ailleurs d’une qualité médiocre m’enfin passons) n’utilisent pas ce genre d’accroche qui permet de garder le téléspectateur (qui voudra voir ce qu’il connait, c’est le principe des rediffusions) tout en l’amenant à autre chose. Faire une adaptation de Law & Order CI en Paris, enquêtes criminelles, pourquoi pas, mais si c’est pour refaire exactement le même épisode qu’on a déjà vu sur la même chaine, simplement on change le décor et les acteurs, ça n’est pas la peine. Pourquoi ne pas avoir adapté la série au lieu d’en faire une (mauvaise) copie conforme ? Quoi, nous n’avons pas de faits divers ni de questions de société en France ? Je connaît évidemment la réponse à ma question, TFbeurk étant probablement trop frileuse pour faire réfléchir la ménagère et offenser ses amis haut placés pour dénoncer par exemple un scandale quelconque (je fais référence à l’épisode 18x18 de Law & Order sur le scandale du gouverneur Spitzer). Dick Wolf a peut-être aussi refusé de laisser les Français prendre trop de libertés avec sa franchise (et au vu de ce qu’est la production française, il a sûrement eu raison).
Mais voilà, malgré tout, je garde espoir. Quand je vois Engrenages, je me dis qu’il y a de l’espoir pour la fiction française. Mais un espoir tellement mince. Et c’est bien dommage car je ne veux pas croire que la France est dépourvue de scénaristes de qualité. Certes, il est plus difficile de venir à un Law & Order qu’à un CSI où il suffit de s’asseoir tranquillement, et d’attendre qu’on nous donne un peu de frissons, un peu d’enquête policière avec nos experts (qui sont un peu des Heroes aussi vu qu’ils arrivent à repérer du premier coup à l’œil nu une minuscule fibre de 0,5mm dans une moquette) et surtout, une fois qu’on a éteint la télé, c’est terminé, comme diraient les guignols « vous pouvez reprendre une activité normale ».
Bon, je voulais parler de Law & Order, j’ai parlé de l’état de la fiction française. Asystolie, vous avez dit ? Vite, amenez-moi le charriot de réa !
Mais dans le cas des séries Law & Order, l’épisode entier se basant sur le fait divers en question, il est intéressant de voir le traitement qu’il en est fait. Évidemment cette vision de l’évènement est toute subjective car il s’agit ici de fiction qui, même inspirée du réel, ne décrit pas les faits et gestes des protagonistes de manière réelle, et qui parfois donne même une résolution de l’affaire qui n’a pas forcément été résolue dans la réalité mais le fait divers de base permet, comme toujours dans les séries Law & Order, de soulever un début de questionnement sur la société dans laquelle nous vivons (même s’il s’agit évidemment de la société américaine, certaines questions trouvent un résonnement ici, et certaines questions sont d’ailleurs simplement liées à la nature humaine).
Ce que je trouve impressionnant c’est la rapidité du traitement. Dernier exemple en date, l’épisode 6 de la saison 10 de SVU qui vient d’être diffusé aux États-Unis reprend à peine quatre mois après les faits, le fait divers sur le pacte de grossesses simultanées conclu par des lycéennes. L’affaire est immédiatement identifiée et permet de trouver une accroche rapide et de se concentrer sur les questions juridiques et sociétales posées. Je trouve dommage que les séries françaises (qui sont d’ailleurs d’une qualité médiocre m’enfin passons) n’utilisent pas ce genre d’accroche qui permet de garder le téléspectateur (qui voudra voir ce qu’il connait, c’est le principe des rediffusions) tout en l’amenant à autre chose. Faire une adaptation de Law & Order CI en Paris, enquêtes criminelles, pourquoi pas, mais si c’est pour refaire exactement le même épisode qu’on a déjà vu sur la même chaine, simplement on change le décor et les acteurs, ça n’est pas la peine. Pourquoi ne pas avoir adapté la série au lieu d’en faire une (mauvaise) copie conforme ? Quoi, nous n’avons pas de faits divers ni de questions de société en France ? Je connaît évidemment la réponse à ma question, TFbeurk étant probablement trop frileuse pour faire réfléchir la ménagère et offenser ses amis haut placés pour dénoncer par exemple un scandale quelconque (je fais référence à l’épisode 18x18 de Law & Order sur le scandale du gouverneur Spitzer). Dick Wolf a peut-être aussi refusé de laisser les Français prendre trop de libertés avec sa franchise (et au vu de ce qu’est la production française, il a sûrement eu raison).
Mais voilà, malgré tout, je garde espoir. Quand je vois Engrenages, je me dis qu’il y a de l’espoir pour la fiction française. Mais un espoir tellement mince. Et c’est bien dommage car je ne veux pas croire que la France est dépourvue de scénaristes de qualité. Certes, il est plus difficile de venir à un Law & Order qu’à un CSI où il suffit de s’asseoir tranquillement, et d’attendre qu’on nous donne un peu de frissons, un peu d’enquête policière avec nos experts (qui sont un peu des Heroes aussi vu qu’ils arrivent à repérer du premier coup à l’œil nu une minuscule fibre de 0,5mm dans une moquette) et surtout, une fois qu’on a éteint la télé, c’est terminé, comme diraient les guignols « vous pouvez reprendre une activité normale ».
Bon, je voulais parler de Law & Order, j’ai parlé de l’état de la fiction française. Asystolie, vous avez dit ? Vite, amenez-moi le charriot de réa !
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lundi 10 novembre 2008
Les joies du divorce
Je ne m’attendais pas à grand-chose en regardant le pilote de Gary Unmarried, vu que la sitcom n’est pas un genre que j’affectionne particulièrement. Cependant j’aime bien Jay Mohr et je me suis dit qu’après tout pourquoi pas. Après visionnage, je suis très embêtée pour émettre un semblant de critique. La série n’est ni bonne, ni mauvaise. C’est du déjà-vu mais en même temps c’est assez efficace. Je ne me suis pas ennuyée, mais je n’ai pas ri aux éclats. Les acteurs sont plutôt bons et ont une bonne alchimie, on sent qu’ils s’amusent, mais il faut aimer le genre un peu surjoué. Bref c’est de la sitcom classique, pas exceptionnelle, pas mauvaise non plus. Le genre de sitcom qu’on ne suit pas vraiment mais si on tombe par hasard sur un épisode, on reste, ce n’est pas long et ça détend.
Mais la question c’est : est-ce suffisant ? Il y a dix ou vingt ans, à la grande époque des sitcoms, cela pouvait suffire mais aujourd’hui ? Il y a de plus en plus de séries, nous avons de plus en plus de choix et justement puisqu’il faut faire un choix, autant ne garder que le meilleur. D’où ma question, ce genre de sitcom pas très originale (surtout quand le pitch de départ est le même que celui de la sitcom qui la précède sur la grille des programmes de CBS) a-t-il encore sa place à la télévision aujourd’hui ? Peut-on encore rire de gags éculés, de répliques déjà entendues, aussi efficaces soient-ils ? La déesse Audiences nous donnera sûrement la réponse.
Real Life vs Fiction
Ce post comparatif est un peu particulier, je vais m'éloigner un peu du monde des séries (je ne vais pas très loin d'ailleurs je ne le quitte pas vraiment) mais une chose m'a frappée, à l'époque où la politique devient de plus en plus un "show" (les Français rajouteront "à l'américaine").
Si la campagne présidentielle de Barack Obama a beaucoup été comparée à celle de Matthew Santos dans la série The West Wing, j'ai eu comme un sentiment de déjà-vu en regardant M6 samedi après-midi. Je suis retombée sur la série Commander in Chief (que j'avais complètement oubliée vu qu'elle est à peu près aussi captivante qu'un documentaire sur la reproduction des huitres) dans laquelle Geena Davis interprète MacKenzie Allen, vice-présidente républicaine qui succède au Président après sa mort d'une crise cardiaque. MacKenzie Allen est inexpérimentée, elle manque de déclarer la guerre au Nigéria au nom du féminisme, et on la voit plus s'occuper de ses enfants que des affaires d'Etat (en tout cas c'est mon impression). Ce ne sont là que des exemples du premier épisodes, Dieu sait ce qu'elle est allée nous inventer dans les épisodes suivants... Mmmmm. C'est bizarre ça me rappelle étrangement ce qui a été dit d'une certaine... Sarah Palin...

C'est amusant pour cette présidentielle américaine, on aura pu aller chercher dans les séries un aperçu de ce qui pourrait se passer (aurait pu se passer) pour chacun des candidats. Finalement, on peut se poser la question : dans quelle mesure la réalité et la fiction s'influencent-elles mutuellement ?
Finalement, heureusement que les Américains ont élu David Palmer... (en espérant que la fin du scénario soit changée...)
Si la campagne présidentielle de Barack Obama a beaucoup été comparée à celle de Matthew Santos dans la série The West Wing, j'ai eu comme un sentiment de déjà-vu en regardant M6 samedi après-midi. Je suis retombée sur la série Commander in Chief (que j'avais complètement oubliée vu qu'elle est à peu près aussi captivante qu'un documentaire sur la reproduction des huitres) dans laquelle Geena Davis interprète MacKenzie Allen, vice-présidente républicaine qui succède au Président après sa mort d'une crise cardiaque. MacKenzie Allen est inexpérimentée, elle manque de déclarer la guerre au Nigéria au nom du féminisme, et on la voit plus s'occuper de ses enfants que des affaires d'Etat (en tout cas c'est mon impression). Ce ne sont là que des exemples du premier épisodes, Dieu sait ce qu'elle est allée nous inventer dans les épisodes suivants... Mmmmm. C'est bizarre ça me rappelle étrangement ce qui a été dit d'une certaine... Sarah Palin...

C'est amusant pour cette présidentielle américaine, on aura pu aller chercher dans les séries un aperçu de ce qui pourrait se passer (aurait pu se passer) pour chacun des candidats. Finalement, on peut se poser la question : dans quelle mesure la réalité et la fiction s'influencent-elles mutuellement ?
Finalement, heureusement que les Américains ont élu David Palmer... (en espérant que la fin du scénario soit changée...)
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